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  • [Avant-Première] : Les deux amis

Hello vous ! 

En cette fin de semaine et on se retrouve pour un article cinéma un peu spécial puisque depuis le Festival de Cannes je n’avais pas eu l’occasion de vous présenter de film en avant-première. Et le hasard à voulu que, justement, je vous revienne pour un de ces articles, sur un film cannois, sélectionné en Semaine de la Critique ! Heureux hasard donc puisque Les deux amis était justement un de ces films que je voulais absolument voir en allant à Cannes en Mai dernier. Mais bon, vous commencez à connaitre la chanson, pour des raisons d’impossibilité de dédoublement aux deux extrêmes opposés de la France, cela ne m’a pas été permis…
Cela dit et heureusement, j’ai pu me rattraper. CERTES 4 mois plus tard, MAIS tout de même en avant-première, ET en présence du beau Louis Garrel  ! Eh oui !
[Avant-Première] : Les deux amis

De quoi ça parle ? 

Clément, figurant de cinéma, est fou amoureux de Mona, vendeuse dans une sandwicherie de la gare du Nord.
Mais Mona a un secret, qui la rend insaisissable.
Quand Clément désespère d’obtenir ses faveurs, son seul et meilleur ami, Abel, vient l’aider.
Ensemble, les deux amis se lancent dans la conquête de Mona.

L’avant-Première :

[Avant-Première] : Les deux amisÀ chaque fois que je vais à une avant-première je ne peux pas m’empêcher de scruter les gens, et c’est assez hallucinant les différences que l’on peut trouver entre une avant-première et une autre… Je ne vais pas illustrer le truc en comparant celle-ci avec celle de Robin des Bois Machintruc, hein, ce serait une sacrée insulte, mais bon, imaginez, et schématisez… Y’a un sacré fossé !
D’un coté un heureux fossé, puisque les gens sont carrément plus intéressants durant une avant-première d’un film comme Les deux amis, et d’un autre, malheureux, parce que je ne comprend pas que des personnes puissent fuir un film sous le prétexte qu’il n’a pas ce coté « populaire » français que peuvent avoir des tas de conneries aujourd’hui sur nos écrans… Ou encore que les acteurs ou le réalisateur ne soient pas « connus »… Ttsss, c’est ce qui me pose un véritable problème durant ce type d’avant-première (problème que je n’ai jamais rencontré à Cannes bizarrement ahah).
Ça se voit même jusque dans le choix de la salle dans laquelle on vous installe … Ici, une salle mal éclairée («une lumière pourrie qui fait qu’on a l’impression qu’on a pas de corps», le dira lui-même Louis Garrel), et assez petite pour la projection d’un film en avant-première… Évidemment, un film français à la bêtise sans bornes et avec un casting de personnalités connues pour « faire rire », aura le droit à un traitement de faveur de ce coté là, avec une grande salle, de belles lumières et même une estrade !
Y’a que moi que ça choque ???
Bref, malgré un traitement très nettement pas à la hauteur du film présenté, on ne se prend pas la tête ! Et l’avantage d’une petite salle dans ces cas là, c’est la proximité lorsque l’acteur/réalisateur arrive.
Louis GarrelC’est exactement ce que j’ai ressenti avec Louis Garrel. Le type arrive, à l’aise, souriant, plaisantant avec qui veut. Pas de préchi-précha-gnangnan, de « M’as tu vu ». On sais direct que l’on va passer un bon moment avec lui !

Le dialogue débute dans la salle et l’acteur/réalisateur explique d’où et comment est né ce premier long métrage :

«J’ai pris l’argument de départ (Les caprices de Marianne de Musset) et avec Christophe Honoré (qui a co-écrit le film) qui a des accents un peu tragiques, j’avais développé l’histoire de façon plus tragique pour être fidèle à la pièce, et puis Christophe qui me connaissait, qui savait que j’avais envie d’être plus léger de temps en temps dans la vraie vie m’a dit « Développe-là, mais rend la plus légère et comique », ce qui fait que le film est une sorte d’épopée un peu bizarre qui flirt de temps en temps avec le film d’amour, romantique, de temps en temps avec la comédie populaire des années 80… De manière générale, le cinéma, ou même plutôt le roman français en général, le théâtre, s’est toujours appliqué à être une sorte d’orfèvre de la description du sentiment amoureux, amical, conjugal ; il y a eu des tas de films qui reprenaient ce principe du triangle amoureux en passant par Jules et Jim, Bande à part, Y tu mamá también… On s’est amusé comme ça à fabriquer un film hybride. »

Et n’oublie pas de placer quelques espoirs toujours sous le ton de la plaisanterie :

« Je pense que de temps en temps vous allez rire, de temps en temps vous allez être émus… Enfin j’espère en tout cas ! »Louis Garrel

Et vient vite sur le tapis la question de la musique du film, composée par le tout même assez célèbre Philippe Sardes :

«Il a musiqué beaucoup de films et j’adorais son accent lyrique et enjoué, ou de temps en temps naïf… Il fait partie de ces musiciens que l’on appelle les « mélodistes », et j’avais envie que l’on ressorte du film et qu’on puisse se rappeler de la musique pour la siffloter en rentrant chez soi, en disant « Oh c’était pas mal ce film » et TANANANADAAAM, on ré-ouvre le frigo ! J’avais envie de ce rapport au coté film variété. Il a accepté et a fait cette BO avec grand talent et beaucoup d’imagination. »Louis Garrel

Puis interrogation presque inévitable : Qu’en a pensé son père (Philippe Garrel, célèbre réalisateur) de ce film ? Bonne question à laquelle il répondra sur le ton de l’humour, encore et toujours :

«Il a dit que c’était à chier, vraiment de la merde, « Tu ne m’arrive pas à la hauteur ! ». Je suis un nul ; je le savais et maintenant j’en ai la confirmation !»

Et reprenant :

«Comme je parle beaucoup avec lui il a assisté à presque toutes les étapes parce que je lui demande beaucoup de conseils, souvent techniques, puisque c’est un grand technicien… Mais sinon je ne sais pas puisque tous vos parents, par exemple, quand ils voient un de vos dessins quand vous êtes petits disent toujours « Ah c’est magnifique ! Picasso, c’est du Picasso ! » alors qu’intérieurement ils pensent « Quelle honte ! ». Donc on ne sais jamais vraiment !»

Louis Garrel

Quant à savoir s’il souhaite refaire un film après ce premier, la réponse ne se fait pas attendre :

«Oui j’aimerai beaucoup ! Parce que vous allez voir, si le film a des qualités, je pense que sa première qualité c’est vraiment les acteurs. Je crois que Golshifteh Farahani n’a pas été si bien depuis les films qu’elle a fait en Iran… C’est un peu prétentieux mais j’assume bien ça ! Et Vincent Macaigne aussi d’ailleurs. J’aime bien vous montrer des acteurs, je suis assez fasciné par comment un acteur passe de sa vie intime jusqu’à la création du personnage… Donc oui, ça me donne envie d’en réaliser un autre.»

Puis arrivera la question à 1000€… : « Est-ce que vous êtes en couple dans la vie ? »… Mention spéciale pour toi, illustre inconnu qui a posé cette question, j’applaudis ton culot, mais la curiosité est un vilain défaut tout de même 😉 (Cela dit, le beau Garrel aura tout de même répondu que non !)

Et le mot de la fin sera évidement pour Louis et son entrain :

«Souvent il y a les gens qui disent « Si vous avez aimé, dites-le à vos amis », je vais pas le faire puisque ça me gène beaucoup, mais quand même, si vous avez aimé, dites-le à vos amis !»

Donc si on suit le truc, il faut que je vous le dise, parce que oui, je l’ai aimé son film ! Et plutôt beaucoup même !

Mon avis après la projection :

Les 2 amis

Je suis vraiment tombée en amour pour ce film. Pour cette justesse attribuée aux sentiments, cette justesse des acteurs… C’est quelque chose qu’on ne voit que très rarement dans les films actuels et qui fait un bien fou !

Comme a pu l’affirmer Louis Garrel, Golshifteh est tout simplement exceptionnelle dans le rôle de Mona. Elle a ce charisme, ce petit quelque chose qui la rend brillante, lumineuse, forte face à la caméra, et ce sans se débarrasser de son naturel. Ce n’est pas que de la photogénie, elle joue comme elle respire, avec une simplicité presque déroutante, se donne corps et âme, et c’est juste… beau !
Cette beauté du jeu, du personnage, est superbement bien portée et mise en valeur par le regard de Garrel réalisateur, un regard qui nous fait ressentir jusqu’au plus profond de nous même ces sentiments, ces épreuves que peu traverser Mona. La scène ou la jeune femme loupe sont train, « kidnappée » par les deux amis, celle ou elle danse dans un bar… On ressent une force incroyable décuplée par un talent presque surnaturel devant la caméra, et un oeil certain derrière cette même caméra.

Golshifte Farahani

Puis on a deux amis. Deux types, dont ont se demande ou est-ce qu’ils ont bien pu se dégoter l’un l’autre tellement leurs caractères, leurs personnalité sont différentes. Comment ces deux là réussissent-t-ils a être amis ?

D’un coté on a un Vincent Macaigne (le voix de ce mec m’a toujours intriguée), qui campe le personnage de Clément, amoureux transi de Mona.
L’acteur déploie ici des trésors de sensibilité et apporte à Clément une sorte de naïveté, de sensibilité qu’on ne retrouve habituellement que chez les enfants. Il veut toujours que tout aille vite sur le plan sentimental, émotionnel, plus vite que la musique, plus vite que le temps lui même ; cette même impatience qu’on avait tous lorsqu’en voiture on demandait « Quand est-ce qu’on arrive ? ».
C’est un aspect que l’on trouvait déjà à son personnage dans La règle de trois, précédent court métrage de Louis Garrel et qui le rend extrêmement attachant.
Vincent Macaigne

Louis Garrel parlons-en. En plus de le réaliser, le beau garçon choisi également de jouer dans son film… Pour notre plus grand plaisir puisque le bougre a tout de même un sacré talent d’acteur rappelons-le !
Ici il interprète Abel, un écrivain (comme il aimera le dire) en mal d’inspiration. Mais on retiendra tout de même plus sont aspect ténébreux, nonchalant et qui adore donner des leçons. En tentant d’aider son ami Clément il se la joue un peu « Faites ce que je dit, mais pas ce que fait. »… Ce qui nous pousse à nous demander si au fond ce n’est pas lui qui a besoin d’aide.
Comme d’habitude on retrouve cette « patte » Louis Garrel, ce jeu qui n’est propre qu’à lui et que j’adore. Cette justesse, cette mélancolie, ce lyrisme… avec ici un penchant pour l’humour qui arrive toujours au moment le plus inadéquat ! Et ça, j’adore !

Les deux amis

Louis et Vincent, Abel et Clément… On pourrait comparer ces deux là à des Laurel et Hardy modernes. Mais ce ne serait qu’effleurer du doigt une facette du film : celle d’une amitié qui se délite, ou qui n’a peut-être jamais existé que par pure commodité.
On en revient un peu à cette image de départ, ce premier regard que l’on pouvait avoir sur ces deux amis : Comment ont-ils fait pour se retrouver ensemble alors qu’ils sont si différents ?
J’aurai tendance à dire que la différence est une force, mais ici, si elle l’a été, elle se retrouve mise à mal avec l’arrivée de le belle Mona dans la vie des deux hommes.
On découvre au final que les personnages sont très seuls, et qu’ils ne peuvent en réalité presque compter que sur eux même… Et malgré ça, une relation (amicale ou amoureuse) semble indispensable. Et des tas de questions commencent à nous ronger le cerveau. On en vient a se demander ce que c’est en fait que « l’amitié », et quelles en sont ses valeurs. On se demande si c’est une symbiose ou une forme de soumission… Si une amitié peu rester viable avec quelqu’un avec qui on ne trouve plus son compte…

Autant de questions auxquelles on espère avoir des réponses claires, nettes et précises à la fin du film ! Est-ce que c’est le cas ? Je vous laisserai volontiers le voir par vous même 😉

Les deux amis

Je pense que vous l’aurez compris, et que je l’ai assez exprimé comme ça, mais j’ai adoré voir ce film. Je regrette tellement de ne pas avoir pu vous le présenter quand j’étais à Cannes, mais bon, mieux vaut tard que jamais !
Comme à pu le dire Garrel lors de l’avant première : Si ce film a des qualité, sa première qualité se sont les acteurs. Et il disait tout à fait juste ! Mais au delà de ça, le scénario en lui même, l’oeil de l’acteur/réalisateur, la musique… Le tout fait de ce film quelque chose d’unique, qu’on ne voit que (trop) peu souvent.
Tenez, la musique justement ! Mission accomplie Louis, la BO m’a trottée dans la tête durant tout le weekend (merci bien hein !).  Et sachez que le générique de fin est signé Jabberwocky (je vous met le lien juste ICI, histoire de ne pas être la seule à l’écouter en boucle).
Bref, Les deux amis, est donc bien un film hybride comme nous avait prévenu son réalisateur, et c’est justement ce qui fait une grande partie de sa réussite selon moi, puisque oui, j’ai ris, et oui, j’ai été émue !

Je ne saurais donc que trop vous conseiller d’aller voir ce film, Les deux amis, qui sort en salle ce Mercredi 23 Septembre. Vous en ressortirez surement avec un sourire collé au visage, comme ça a pu être mon cas !

→ La bande-annonce ICI.

Ah, et si vous aimez, parlez-en à vos amis ! 😉

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