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  • [Avant-Première] : Je suis un soldat

Hello mes Carpettes !

Je suis super contente de vous retrouver aujourd’hui pour mon article cinéma dominical 🙂
Depuis quelques temps vous avez surement remarqué que je ne fait QUE des articles Avant-Première. J’avoue que je ne prend pas tellement le temps en ce moment d’aller au cinéma presque tous les jours, voire plusieurs fois par jour, comme je pouvais le faire l’an passé, mais ça c’est un rythme à prendre, et je n’y suis pas encore arrivé depuis la rentrée… Mais je devrais me remettre à un bon rythme d’ici pas très longtemps, ou tout du moins je l’espère, puisque cela me permettra de vous parler un peu plus de films qui sont à l’affiche lorsque je vous en parle.
Mais en attendant, les avant-premières pleuvent en ce moment, et j’ai l’occasion d’en faire au moins une par semaine, alors j’en profite pour rencontrer les réalisateurs, les acteurs, et ça me donne l’opportunité de vous en parle un peu en amont de la sortie du film en salles !
Vendredi soir dernier donc, c’était au tour de l’avant-première de Je suis un Soldat, un film qui était en sélection Cannoise cette année dans la catégorie Un Certain Regard.
L’occasion ici d’échanger un peu avec le réalisateur Laurent Larivière et l’actrice Louise Bourgoin 🙂

AVP Je suis un Soldat

De quoi ça parle ? 

Sandrine, trente ans, est obligée de retourner vivre chez sa mère à Roubaix. Sans emploi, elle accepte de travailler pour son oncle dans un chenil qui s’avère être la plaque tournante d’un trafic de chiens venus des pays de l’est. Elle acquiert rapidement autorité et respect dans ce milieu d’hommes et gagne l’argent qui manque à sa liberté. Mais parfois les bons soldats cessent d’obéir.

L’interview :

AVP Je suis un soldat

• C’est votre premier long métrage, c’est un sujet assez délicat, âpre, qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans ce sujet de la manière dont vous l’avez traité ? 

Laurent Larivière : Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le point de départ n’a pas été le trafic de chien, ça a vraiment été le personnage de Sandrine. On est parti de la question avec mon scénariste de se demander « Qu’est-ce que ça signifie à 30 ans d’avoir le sentiment d’avoir raté sa vie à l’âge ou tout le monde construit les bases de son avenir ? », et de se demander ce qu’il se passe quand sur le plan de l’amour, du travail, du foyer, tout fout le camp… On est parti de ce postulat-là, de la honte que tout cela pouvais générer pour le personnage dans un lieu très très loin de ces rêves de vie parisienne. Et donc nous est venu l’univers du chenil, parce que c’est un univers âpre, elle allait être avec des chiens, c’est bruyant, c’est sale… Cette idée-là produisait chez nous du cinéma.
À partir de ce point de départ-là, on a eu envie de faire basculer le film dans un côte plus thriller, avec du suspense, et est venue l’idée de ce traffic de chiens, qui est assez considérable en fait…

• Louise, qu’est-ce que qui vous a séduit dans cette histoire, dans ce film ? 

Louise Bourgoin : Il y a deux choses qui m’ont plu tout de suite. C’est d’abord que c’est un personnage féminin qui aurait pu être joué tel qu’il était écrit de A à Z par un homme, et trop souvent je lis des scripts ou le personnage féminin est très stéréotypé… Souvent il est question de maternité, d’amour, de séduction…Là ce n’est absolument pas le cas, et c’est assez inédit !
Et la deuxième chose, c’est que ça a été écrit pour moi, et ça change beaucoup de chose dans l’engagement. Par exemple quand on est actrice on sais très bien qui a refusé le rôle avant vous, qui le réalisateur aurait aimé avoir mais qu’il n’a pas eu, et on ne peut pas s’empêcher en tant qu’acteurs de se comparer… Si ça n’a pas été écrit pour vous, vous avez envie de faire vos preuves, que le metteur en scène soit vraiment sur d’avoir choisi la bonne personne, et souvent il se montre un peu hésitant, c’est très déstabilisant… Et là, le fait que ça ait été écrit pour moi ça m’a donné le sentiment que je pouvais tout faire, ça m’a vraiment libérée, ou en tout cas donné une autre idée de l’engagement, comme si j’avais joué pour un parent, où on a l’impression que quoi qu’on fasse, c’est bien !

AVP Je suis un soldat

• Pourquoi le titre « Je suis un soldat » ? 

L.L : Alors il y a plusieurs réponses possibles. D’abord, tout simplement le fait qu’elle se bat, elle se bat sur tous les fronts, celui du travail, celui de sa vie amoureuse, celui de sa vie familiale… Donc ça c’était pour le personnage de Sandrine.
Mais il y a aussi le fait qu’elle est à la solde de son oncle, son oncle qui l’envoie aussi au front, notamment la nuit quand il l’envoie sur cette aire d’autoroute acheter des chiens à des polonais… Il envoie un petit soldat sur le front de cette guerre-là.
Et puis la troisième idée c’était aussi lié à la chanson de Johnny Halliday qui est au milieu du film et dans laquelle il y a les paroles « je suis un soldat, comme d’autres là bas, je rêve au jour qui verra mon retour ».
Voilà, il y avait plusieurs choses qui résonnaient plutôt fortement et qui ont fait qu’on s’est dit que ça allait bien au film, et moi ça me plaisait bien que le nom du film justement soit à la première personne, comme le film est vraiment un portrait et que Louise est présente du début à la fin et qu’on est avec elle tout le temps, il y a quelque chose d’assez intime, donc ça me plaisait bien.

• Pourquoi ce regard caméra à la fin du film ? 

L.L : En fait j’avais le sentiment que je ne pouvais pas laisser le personnage loin dans la mer comme ça. C’est important pour moi que la fin soit en fait le début d’une autre vie, elle part du nord et ce dernier plan c’est justement un plan de libération, du début de quelque chose d’autre…
Et il se trouve que le jour ou on l’a tourné du coté de Marseille ce plan là, il y avait énormement de vent, et du coup dans ce plan qui devait être assez apaisant, il y fait une notion de danger que je n’avais pas écrite. Mais bon, il faut faire avec les intempéries, et on a gardé cette prise ou Sandrine sourit, elle a l’air bien dans la mer… Mais je ne pouvais pas finir en étant loin d’elle, j’avais besoin qu’on se rapproche, et dans les rush il y a avait ce regard que je trouve très beau, très énigmatique, et c’était pour moi une manière de lui faire dire au spectateur « Vous m’avez suivie dans toutes ses épreuves, ça a été difficile par moments, mais pour la suite ça va aller »… Comme un rapport de connivence avec le spectateur.

AVP je suis un soldat

• Louise c’est ce que vous pensiez à ce moment là quand vous regardiez la caméra ? « Ça va aller » ?

L.B : Alors en fait c’était le tout premier jour de tournage, donc je n’avais pas le recul pour ça, c’était presque comme un essai caméra, c’était la première fois que Laurent me filmait et je regardais la caméra en me disant un peu « Qu’est ce qu’il va m’advenir ? ».  Ça rejoint un peu l’idée…

L.L : Oui et puis pour ce type de plan il ne faut surtout  pas qu’il y ait des intentions trop psychologiques parce que c’est vraiment le rapport de montage qui créé le sens. C’est parce que ce plan, ce regard-là est monté à cet endroit-là du film, parce que vous avez vécu tout ça, que tout d’un coup vous lisez ce plan et que vous projetez, vous, des sentiments liés à ce plan. Et si j’avais demandé à Louise de jouer soit l’angoisse, soit la joie, en fait ça aurait été redondant. Donc je lui ai demandé une disponibilité et on a fait plusieurs prises ou elle était simplement présente, et c’est dur en fait d’être disponible et pleinement là, sans intention particulière.

L.B : C’était dur uniquement parce que l’eau était froide !

• Ce n’était pas trop dur pour Louise de jouer avec les chiens ? 

L.B : Je n’ai pas peur des chiens, mais effectivement, toutes la cascades ont été réalisées par moi même, et il y avait un entraineur de cinéma qui m’a entrainée tout un été à supporter la morsure et l’attaque par l’arrière…
Et sinon le petits chiots c’est très fragile, et je ne savais pas tout ça, mais comme ils avaient moins de 2 semaines il ne fallait surtout pas les faire tomber, même ne serait-ce que de 30 centimètres de hauteur parce que ça les aurait tués. Et on doit aller très vite, charrier des caisses, etc, c’était quand même une pression constante… Et en plus chaque chien vaut 1000€ ! Enfin, c’est pas une question d’argent, mais quand même !

L.L : Et du coup Louise a du apprendre aussi à les prendre comme de la vulgaire marchandise puisque son personnage ne se pose pas trop de questions… Il fallait que le geste paraisse brutal, mais il ne fallait pas qu’on fasse mal aux animaux, donc elle a aussi appris à les prendre au bon endroit pour ne pas leur faire mal, mais tout de même avec une certaine ténacité pour que ce soit crédible.

AVP Je suis un soldat

• C’est vrai qu’on a l’impression que vous n’avez pas beaucoup d’empathie pour les chiens, comment on fait pour avoir cette distance par rapport à ces petites bestioles ? 

L.B : C’est important en fait pour Sandrine de rentrer tout de suite dans le trafic, d’être responsable très vite vis à vis des grosses opérations commanditées par son oncle et du coup elle n’a pas le temps de s’apitoyer, elle a pleins de choses à faire, elle doit ramener de l’argent et elle se rend bien compte qu’autour d’elle aucun des hommes du traffic ne sont apitoyés donc elle ne se l’accorde pas. Mais à un moment elle se rend quand même compte de certaines choses, elle pose des questions, donne des conseils et elle se fait de suite rembarrer, donc il n’y a pas la place pour ça…
Mais entre les prises je faisais pleins de câlins !

• Sur l’aspect trafic, comment est-ce que vous vous êtes documenté ?

L.L : Alors quand est venue l’idée de ce trafic, je me suis dit qu’il valait mieux continuer de tirer le fil du personnage dont on avait commencé le début de l’histoire. Je voulais suivre mon personnage puisque je savais que ça allait être elle la colonie vertébrale. Donc on a écrit l’histoire de Sandrine en inventant les scènes de traffic dont on avait besoin pour son histoire à elle, ce qui permettait aussi de ne pas être séduit par des histoires de traffic qu’on aurait voulu mettre dans le film pour de mauvaises raisons, qui auraient été des raisons liées au traffic et pas au personnage.
Et une fois qu’on a eu cette structure là, on a fait un travail documentaire, en lisant des articles, et il se trouve qu’un  jour il y a eu un numéro d’Envoyé Spécial sur France 2 sur le trafic des chiens ! Ça c’était vraiment béni, il y avait des cameras cachées dans ce reportage et notamment une scène qui se passait dans une ferme et ou une femme avait des vaches et dans un garage pourri, une dizaine d’animaux.. .Et ça, ça a donné lieu à une scène dans le film avec le monsieur assez vulgaire qui a des vaches aussi.
Et donc à partir de cette documentation j’ai réinséré des éléments réels dans la fiction.
Il se trouve que 600 000 chiots sont vendus chaque année en France, qu’il y en a 150 000 qui sont en bonne et due forme, mais le reste c’est souvent des chiens qui viennent des pays de l’est, et qui transitent souvent par la Belgique… C’est vraiment un traffic colossal.

AVP je suis un soldat

• Comment Louise s’est imprégnée de son rôle ? Comment l’a-t-elle travaillé ? 

L.B : D’abord l’entraînement avec le dresseur et avec les chiens m’a beaucoup aidé. Et comme ce sont des choses qui arrivent comme ça, progressivement, au personnage, et bien c’était un peu comme si je les vivais moi aussi avec elle, donc je me suis adaptée… Ce sont des situations tellement fortes qu’il n’y a pas grand chose à composer en fait. J’ai essayé de rester moi-même et la plus attentive à ce qu’il se passait autour de moi.

• Est-ce que comme pour le rôle de Louise, vous aviez écrit le rôle de Henri pour Jean-Hugues Anglade ?

L.L : Alors non, Jean-Hugues lui est venu après l’écriture. Ça a été une aventure formidable avec lui aussi. Le personnage d’Henri je voulais qu’il soit à la fois très aimant, qu’on ne doute pas de sa sincérité, de son amour pour sa soeur, pour ses nièces, qu’il ait quelque chose d’assez protecteur, de doux ; et qu’en même temps, dès qu’il s’agit de business et d’agent il puisse devenir extrêmement cruel et brutal… Et en fait il fallait un acteur qui arrive à ne pas être dans un jeu qui soit binaire, c’est à dire soit tout l’un, soit tout l’autre, mais qui arrive à méler tout ça, qui ait beaucoup de porosité dans la matière dont fait est le personnage.
Et Jean-Hugues lui a apporté ça, puisqu’il a un regard assez doux, comme il le disait lui meme, et on est parti de cette personnalité-là pour progressivement la conduire vers quelque chose de plus rude.
Et ce qu’il a apporté aussi et qui n’était pas forcement là au scénario, c’est qu’il a apporté beaucoup de sensualité au rôle et du coup il y a beaucoup d’ambiguïté entre Henri et Sandrine que je ne mesurait pas à ce point à l’écriture.

AVP Je suis un soldat

• On peut dire que plusieurs scènes sont difficiles pour l’actrice, ce n’est pas très sexy comme rôle, mais pourtant, elle est toujours belle… Est-ce que c’était voulu dans la manière de filmer ? 

L.L : Alors, Louise est extrêmement belle, elle a une très grande classe, et notamment quand on a fait les essayages costumes on essayait de l’habiller mal, mais quoi qu’elle portait elle était chic ! Et donc elle faisait campagne chic ! C’était dur ! Et en fait au final on a trouvé un jean H&M à 19€ et tout d’un coup Sandrine est apparue ! Donc ça, ça a fonctionné !
Après plus sérieusement, je trouve que Louise a beaucoup été filmée avec son coté glamour mis en avant, moi je voulais gommer tous ça, mais l’enjeux ce n’était pas de la rendre moche, l’idée c’était de trouver un juste-milieu pour la rendre crédible et pour gommer les attributs de la féminité. Quand elle arrive de Paris elle est encore assez féminine, et puis plus elle s’enfonce dans le trafic, plus ça devient complément secondaire…

L.B : Et pour rejoindre ce que je disais sur le fait qu’elle aurait pu être jouée par un homme, je trouvais que dans cette urgence matérielle, elle n’avait pas besoin de parader, et que du coup les cheveux longs c’était un peu un artifice en trop pour l’histoire, que ça n’amenait à rien du tout… Et c’est donc moi qui ai eu l’idée de couper mes cheveux. Je me suis longtemps demandé si j’avais raison, mais Laurent a dit oui avant que je ne retire mon idée !

L.L : Oui et puis ça m’intéressais d’aller plus loin que tous les autres rôles qu’elle avait eu auparavant, et de pouvoir lui donner un nouveau visage. On sais qu’on va voir un film avec Louise Bourgoin, mais très vite on oublie que c’est elle parce qu’on voit Sandrine, et le changement de visage aide beaucoup. Ça sert le film et le sens.

• Pourquoi avoir choisi la région nord ? Est-ce que c’est pour le coté caricatural des pauvres ?

L.L : Ah non ! C’était vraiment à l’écriture, je voulais une frontière avec un autre pays… J’aurais pu faire Nice-Ventimille… Mais ça me parlais moins. Donc on a fait Roubaix-la Belgique ! Et il se trouve aussi que pour des raisons de production ça permettait de faire une co-production Franco-Belge.
Et je ne voulais surtout pas que ce soit misérabiliste, c’est à dire que ce sont des personnages qui lutent, pour qui c’est difficile, mais en fait ils ne se plaignent jamais, ils sont debout, ils sont dignes… Je pense qu’il sont beaux, ils tiennent debout. Je ne voulais pas tomber dans le cliché misérabiliste du nord… J’espère que c’est réussi hein !

Mon avis après la projection : 

AVP Je suis un Soldat

On est effectivement ici face à un film très fort, pas toujours facile, mais dans lequel tous les personnages ont leur place, et chacun à sa façon apporte un petit quelque chose en plus… Ici le personnage principal aurait effectivement pu être joué par un homme,  mais non, c’est une femme. Et les positions sont presque inversées et font un pied de nez aux stéréotypes en montrant une femme forte, et des hommes qui pleurent et qui se mettent à nu les premiers (au sens propre du terme !).
Sandrine, ce personnage central, sensible mais forte. Une femme dont le regard dit tout… C’est quelque chose d’extrêmement rare chez les acteurs, de réussir à véhiculer des sensations, des émotions sans même avoir à prononcer un mot, juste par le regard. Louise Bourgoin est sans doute aucun l’une des ces actrices au talent trop souvent caché par des rôles glamour, mais qui prend depuis quelques années son envol vers des rôles plus abruptes, plus rudes… Et quand on voit le résultat, on se dit qu’effectivement ça lui va à merveille, qu’elle a trouvé sa place.

AVP je suis un soldat

De son coté Jean-Hugues Anglade est lui aussi exceptionnel. On voit en lui un grand bourru au coeur tendre au début, mais très vite et lorsque les questions d’argent prennent le dessus, on le voit qui se transforme en homme sans pitié. Comme Laurent Larivière l’a avancé, ce personnage c’est n’est pas tout l’un ou tout l’autre, mais deux facettes qui vont ensemble, qui ne peuvent aller l’une sans l’autre, qui forment une seule et même identité. On comprend donc très vite que le personnage d’Henri aime effectivement sa famille de manière inconditionnelle, mais qu’il est aussi bouffé par ses histoires de traffic de chiens, par l’argent que cela lui rapporte, et qu’il le cache de manière très habile. Plus le film avance et plus on découvre quelque chose qu’on aurait au fond peut-être préféré voir enfui chez ce personnage.
Cela dit, et comme tous les personnages de ce film, son destin n’est pas figé et on peut très bien imaginer qu’il va faire acte de bon sens et essayer de réparer les erreurs commises au fil des années…

AVP je suis un soldat

Et cette facette du traffic de chiens… Il fallait oser et Laurent Larivière l’a fait ! Sans chichi, sans fioritures, il nous plonge dans un business et dans une réalité des chenils qui personnellement m’a laissé un rictus amer du début, ou cette femme ramène son chien en disant qu’il a « un problème », qu’il est moche et qu’elle n’en veut plus (extrait à voir ICI) ; à la fin, jusqu’à cette scène ou le drame arrive…
On ne va pas se mentir, le film est moche. On nous montre tout ce qu’il faut pour nous dégouter : un chenil moche ; des chiens mis en cages, transportés par kilos dans des palettes, parfois malades, et même morts ; des personnages méprisables au possible qui se repaissent d’un argent sale…
Mais paradoxalement, on a aussi cette lumière, cette petite étincelle d’espoir qui ravive un peu le tout et rend les choses moins laides… Ici ce sera l’entourage de Sandrine, sa famille qui a du mal à joindre les deux bouts, mais qui lutte, qui tient debout malgré tout. On nous les présente un peu comme une porte de sortie, un échappatoire à cette misère dans laquelle Sandrine n’a eu le choix de s’embarquer…

AVP Je suis un soldat

Bref, vous l’aurez compris, j’ai aimé ce film brut et viscéral. Laurent Larivière à su faire du sujet pas assez abordé du traffic de chiens un sujet humain, en le liant avec de beaux personnages en recherche d’une vie meilleure, moins laide et pour certains même en quête de rédemption…
Il met en lumière une réalité brute, ardue, d’un commerce dont on arrive pas forcement bien à mesurer l’ampleur, avec une sensibilité qui passe par ce personnage féminin : Sandrine, une femme qui doit apprendre à mesurer ses choix, et tenter de délimiter une frontière entre ce qui est fondamentalement bien pour elle et ce qui ne l’est pas. Choisir entre une vie ou l’argent ne manque pas, mais en trahissant sa morale ; ou choisir de partir et vivre une vie certes imparfaite, mais dans le respect de ses convictions ?
Une question que globalement beaucoup de personnes (peut-être même vous ?) se posent au quotidien, même si le contexte est différent…

Voilà pour cet article cinéma !
Sachez que le film sort en salles le 18 Novembre prochain et que vous pouvez dès maintenant retrouver la bande-annonce juste ICI 🙂

Et comme d’habitude, dites-moi en commentaire si c’est un film que vous aimeriez voir et si c’est un sujet qui vous est sensible. 

Je vous embrasse fort !

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Comments

  • Salomé

    Written on 11 octobre 2015

    Coucou Ségolène ! J’espère que tu vas bien ! Félicitations pour tes nouveaux abonné(e)s !
    J’adore Louise Bourgoin, c’est une super actrice en plus d’être hyper jolie, j’aurais bien été voir ce film, le problème c’est que si ça montre une certaine maltraitance envers les animaux (bien qu’ils ne l’aient pas été j’en ai conscience), je risque de ne pas supporter la scène.
    Par exemple, je ne sais pas si tu as vu Adaline, mais la scène où elle fait piquer son chien, je ne m’en suis pas remise de tout le film, j’ai pleuré à chaude larmes et rien qu’en y repensant (j’ai quand même vu ce film il y a plus d’un mois maintenant), ça me fend le coeur ! Je suis trop sensible c’est d’un relou !

    Donc, je pense m’abstenir pour celui là…

    Bisous !

    Répondre
    • myredcarpetbys

      Written on 11 octobre 2015

      Ouiiii je vais bien, merci ma belle 😀
      C’est vrai qu’elle a un sacré truc Louise Bourgoin, c’est une de ces actrices dont les yeux pétillent, je sais pas si tu vois, autant il y en a qui on un regard normal, autant elle, elle a les yeux qui brillent tout le temps (Charlize Theron a ça aussi xD). BREF !
      Alors sache que moi aussi ça me faisais plutôt peur ne serait-ce que d’y aller, parce que je suis aussi assez sensible aux scènes avec des animaux dans les films… Mais là en l’occurence et assez étonnamment j’ai plutôt bien supporté. En fait c’est pas tant ce que l’on voit des chiens qui est « blessant », c’est plutôt le fait qu’ils soient vraiment le centre d’un commerce et qu’on les traite comme une simple marchandise. Donc ça, ça fait mal au coeur, mais il n’y a pas de scène de maltraitance à proprement parlé. On voit bien qu’ils sont en cage, qu’il y en a une nombre certains, que les conditions d’hygiènes ne sont pas toujours des plus favorables… Mais au delà de ça, ça va encore puisqu’on ne s’attarde pas dessus en gros plan par exemple. C’est fait de telle sorte qu’on se retrouve un peu comme le personnage féminin, au bout d’un moment ça devient presque routinier de voir « la marchandise »…
      Je pense que les seuls moments susceptible de « heurter » d’une quelconque manière c’est quand elle retrouve plusieurs chiots morts dans leur cage (mais là encore c’est montré, mais tellement peu que c’est peut-être même plus suggéré) et le moment ou on lui dit que les chiots trop vieux sont plus « bons » et qu’il faut les abattre, mais là encore Sandrine trouve un moyen de les « sauver ».
      Franchement je comprend ton cas, moi aussi il y a des films qui m’ont fait pleurer à chaudes larmes à cause d’animaux, mais c’est clairement pas le but de celui-ci t’inquiète pas 🙂

      Des bisous ♥

      Répondre

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